Le Bal des actrices-Un film de Maïwenn (2007)

Il faut être honnête, j’abordais le Bal des actrices avec une certaine dose d’à priori, tant le genre de la comédie musicale, auquel ce film était censé appartenir, me donne des envies de bombardements en tapis. Quelle ne fut donc pas ma surprise de voir un film intelligent, extrêmement bien pensé, et dont la forme, complexe mais légère, empêche une certaine stagnation visuelle, qui m’effrayait avant la projection de ce film.

On pourrait être stupide et aborder ce métrage de façon un peu trop frontale, en tentant de démêler le vrai du faux, la part d’improvisations, de mystère et de vrai,  dans tout ce qui sépare la réalité de la fiction dans ce documentaire-/journal de bord vidéo. Karine Viard a-t-elle réellement un caractère de chiotte ? Marina Foïs fait-elle réellement des injections de biotox? Julie Depardieu a-t-elle réellement des poules dans son jardin?? Aucunes de ces quelques considérations n’ont d’importance, tant ce film s’élève au final bien au dessus de ces trivialités qui relèvent simplement du paparazisme. C’est un panorama, une vue d’ensemble, de ce cinéma français, qui s’offre à nous. Le Bal des actrices m’a rappelé le parfum de « La nuit américain » de Truffaut, qui recelait lui aussi cette volonté de dépeindre, de fiction ou de morceaux de réels, les coulisses de ce monde du cinéma que Maïwenn arpente aujourd’hui, caméra et arguments aux points. A ceci près que le Bal des actrices est un film bien plus féminin, le féminin étant l’autre grand élement du film, après le cinéma.

La multiplicité des formats d’images, des narrations filmées à l’épaule, le dispositif filmique, avec cette caméra qui filme la réalisatrice, elle-même déjà en train de filmer, forment un tout qui tient du ballet. Le montage est tout sauf brutal, il est une bouffée d’oxygène assez aérienne, qui projette toujours la narration vers l’avant, ne s’attardant pas sur les (nombreux) atermoiements que rencontrent les protagonistes de ce film. Le casting est évidemment  la force de frappe majeure, et le scénario qui articule cette galerie de personnages est une multitude de destins montés en parallèles. Le tout est une histoire dynamique, où mêmes les temps morts et les moments de silences, tous deux nombreux, ont un intérêt narratif et émotionnel évident, il y a ici de l’empathie pour tous les personnages, pas de méchants, pas de vilains, on respire.Grosse surprise de ce casting, Joey Starr, qui délivre ici sa volonté de pénétrer dans le monde du cinéma et le métier de comédien, avec sa voix, cela devrait être chose aisée…

Quelle est donc la logistique qui a permit une pareille revue de personnalités et de célébrités? Enfin surtout, qu’est le budget du film? Dans tous les cas, chapeau. Très belle écriture, très belle direction, les noms évoqués dans ce film sont autant de pièces d’un assemblage assez unique, suffisamment pour faire oublier l’aspect parfois quelque peu « parisien » de certains moments (ah, les roulages de pelle dans les soirées parigos, au moment du dîner entres amis…), ou alors, les rendre simplement amusants.

Le cinéma est le musée de la vie, Maïwenn et toutes les personnes qui ont accepté de jouer et de paraître dans ce film l’ont bien compris, gloire leur soit rendue…

A.C

A propos Lesfilmsd'alexandreCardinali

Réalisateur et monteur âgé de 34 ans, impliqué dans divers domaines du cinéma et de l'audiovisuel, mais aussi dans la critique...
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